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Education conductive

En 2 mots qu’est-ce que l’éducation Conductive

La méthode d’éducation Conductive, reconnue dans de nombreux pays à travers le monde, apprend aux enfants porteurs de handicap, les gestes de la vie quotidienne comme : apprendre à tenir un objet dans la main, apprendre à manger, à s’habiller, à se déplacer…

C’est une prise en charge globale, adaptée et journalière… méthode qui les emmène vers le chemin de l’autonomie et leur permet d’avoir une vraie place dans la société !

La philosophie de cette méthode repose sur la conviction que tous les enfants ont une capacité d’apprentissage et mise sur la plasticité cérébrale : il s’agit de permettre au cerveau de créer de nouvelles connexions neuronales pour pallier les connexions absentes, malformées ou endommagées.

L’éducation conductive, un chemin vers les apprentissages essentiels.

C’est fin des années 40 qu’Andréas Petö (1893-1967) neurologue-orthopédagogue à Budapest a imaginé un système d’éducation spécialisée destinée aux enfants porteurs d’une lésion cérébrale avec séquelles motrices: cette éducation leur apprend à vivre au quotidien.

Cette prise en charge se veut éducative et dans une approche où tout se tient et où tout est pensé pour apprendre à apprendre. L’enfant est responsabilisé dans cette prise d’autonomie tant motrice que psychique qui alimentera à son tour sa confiance en lui-même et son envie de grandir.

L’enfant polyhandicapé, plus encore que l’I.M.C., présente une mosaïque de symptômes et de ce fait une perception fragmentaire, morcelée, furtive et incohérente de lui-même et du monde qui l’entoure. L’éducation conductive, centrée sur la personne plutôt que sur les différentes disciplines des professionnels habituellement sollicités, présente des caractéristiques d’intégration, de continuité et de cohérence particulièrement attrayante dans le domaine du polyhandicap. Dans cet ordre d’idées, le principe du conducteur (ou conductrice), professionnel spécialement formé pour dispenser et animer la méthode au sein d’un groupe, est certainement un atout considérable.

Dans la prise en charge d’un enfant polyhandicapé, nous sommes face à un processus d’apprentissage appauvri, ralenti et souvent limité. Cela implique de prioriser les axes de développement : l’EC donne la priorité à la communication et aux activités de la vie journalière tout en surveillant le bien être de l’enfant. Elle favorise la participation des parents.

Au niveau cognitif, le travail tournera autour de la distinction moi/non-moi, des actions de causalités, de l’écoute, de la désignation.

Cette prise en charge vise la participation et l’autonomie maximales, tout en sachant que ces enfants grandiront, mais resteront dépendants de leur entourage.

 Méthodes :

Sur le plan individuel, ce programme propose des acquisitions ou des expérimentations dans des domaines variés :

  • Les activités physiques, le travail au sol, incitation à la mobilité, déplacements…
  • Les activités tournant autour de la communication, la socialisation, de l’autonomie…

Toutes les activités sont associées à une comptine ou une chanson, celle-ci stimulant le rythme et l’apprentissage.

Il s’agira aussi de permettre à l’enfant de se situer en tant que membre d’un groupe ; ainsi sont privilégiées les activités de groupe avec des objectifs individualisés.

Il importe d’avoir un programme quotidien bien déterminé ; les repères sont fournis aux enfants à travers le rythme d’une journée qui est globalement identique.

Un espace et un temps structurés favoriseront anticipation et intentionnalité.

Résultats

Malgré la lourdeur du polyhandicap, une évolution est constatée chez les enfants inscrits dans un programme d’EC, en particulier au niveau de la volonté de communication et de l’accès à une certaine autonomie concernant le « prendre soin de soi ». Manger, être propre, se mouvoir, saisir un objet, reconnaître des couleurs… sont des objectifs qu’il est raisonnable d’envisager atteindre, même avec un lourd handicap. Ces observations sont non négligeables tant elles visent à alléger le quotidien des enfants et des parents qui sont les premiers rapporteurs de leur satisfaction

Discussion et conclusion

Sans être la solution idéale, l’éducation conductive propose une nouvelle façon d’aborder les apprentissages chez un public à qui il est proposé, la plupart du temps, une prise en charge individuelle et morcelée, qui prend moins en compte le besoin de socialisation de l’enfant et le besoin d’une approche globale et concomitante de son développement.

Education conductive (Ancien texte)

L’Education Conductive (EC) est un système éducatif imaginé puis implanté en Hongrie dans les années 40 par le docteur Andréas Petö. Ce système s’adresse au départ à des enfants infirmes moteurs cérébraux.

La finalité de l’EC est l’autonomie fonctionnelle des personnes éduquées. On attend de cette éducation qu’elle permette à l’enfant de se débrouiller adéquatement dans un milieu de vie ‘ normale ‘ sans aide particulière. En EC on parle de passer de la dysfonction à l’orthofonction, l’orthofonction étant définie comme la capacité à s’adapter aux exigences de son environnement social.
Ce système d’éducation se base sur une confiance à priori en l’enfant et en ses capacités de se développer et de grandir. On lui demande d’être acteur de son éducation.
L’Education Conductive a ceci de particulier qu’elle s’adresse à l’enfant avant de s’adresser à son handicap. Elle envisage le développement de l’enfant de manière globale et en tenant compte de tous ses aspects (cognitif, affectif, scolaire, moteur, etc.). Elle se veut avant tout éducation et pas ‘ traitement curatif ‘.
Puisque l’on prend en compte l’enfant dans son entièreté, le processus éducatif est conçu comme un processus intégré. Il ne faut oublier aucune des dimensions de l’enfant et n’en isoler aucune, et ce, tout au long de la journée lors des activités quotidiennes. Puisque l’enfant doit être acteur de son développement, il faut partir de sa motivation. L’accent est mis sur l’importance du sens des apprentissages. Ils doivent permettre à l’enfant de pouvoir lui-même chercher et trouver les solutions appropriées aux problèmes qui se posent à lui.

En lien avec ses principes, le système d’EC propose une série de moyens à mettre en ‘uvre pour favoriser le développement de l’enfant :

Un nouveau type de professionnels est nécessaire pour appliquer cette pédagogie. A Budapest, les ‘ conducteurs ‘ – nom donné aux professionnels pratiquant l’EC- sont formés pendant quatre années sanctionnées par un diplôme. Cette formation envisage les différents aspects de l’éducation des enfants IMC et fait alterner la théorie et la pratique. La ‘ conductrice ‘ acquiert des compétences dans des domaines variés liés au développement de l’enfant et en particulier de l’enfant IMC. Elle est capable de favoriser ce développement aussi bien pour les aspects moteurs que communicationnels, scolaires, cognitifs, etc.
La relation entre l’enfant et la conductrice est importante, la dimension affective du processus éducatif est mise en avant.

L’éducation prend en compte tous les aspects de la vie quotidienne. Les apprentissages et la rééducation motrice sont ainsi rendus naturels parce qu’ils s’intègrent dans la vie de tous les jours. Les déplacements pour aller vers la classe, vers le réfectoire, les repas, les habillages sont conçus comme des temps d’apprentissage à part entière. Les professionnels sont présents et attentifs à tous ces moments. A Budapest, une partie de l’Institut Petö fonctionne essentiellement comme internat. Les enfants sont alors pris en charge du lever jusqu’au coucher par des ‘ conducteurs ‘ qui se relayent au cours de la journée. CEC Bayeux ne propose pas d’internat, mais demande à la famille de poursuivre l’apprentissage à domicile.

L’utilisation du langage permet de rendre l’enfant conscient des actions qu’il fait. Ainsi, la conductrice précède les mouvements de l’enfant d’une intention verbale. Le mouvement est alors exécuté en rythme. Ceci permet à l’enfant d’anticiper et d’organiser son mouvement. Chez le jeune enfant, cela se fait le plus souvent sous forme de comptines ou de chansons.

La dynamique du groupe. Toutes les activités se font en groupe. Ces activités remplacent les séances thérapeutiques individuelles habituelles. Le groupe est source de motivation, de socialisation et d’identification. Le climat et l’ambiance du groupe sont importants ; ils doivent être dynamisant pour l’enfant, notamment en renforçant ses succès.

Le programme est conçu de manière rationnelle. Il faut que l’enfant connaisse des succès. Le programme englobe toute la journée, il est déterminé par la conductrice. Il est complexe car il inclut différents domaines de développement et les contenus sont déterminés par des buts éducatifs (acquisition de connaissances spécifiques à l’âge de l’enfant, équilibre entre introduction de nouvelles aptitudes et applications ou renforcement de celles déjà établies). Plutôt que d’insister sur les aptitudes déficientes chez l’enfant, on se base sur ce que l’enfant est capable de faire.
Tout ceci nécessite de la part de la conductrice des aptitudes à planifier, une bonne connaissance des enfants dont elle a la charge et des connaissances concernant le développement ‘ orthofonctionnel ‘ des enfants à tous les points de vue (cognitif, moteur, psychologique, social, etc.). L’observation régulière des enfants est indispensable pour réguler ces programmes et pour formuler des objectifs individuels pertinents.
A certains moments de la journée, la conductrice propose aux enfants des activités directement orientées par le but de développer les aptitudes motrices des enfants : les séries d’activités. Chaque enfant doit résoudre une série d’exercices moteurs pour réussir l’activité. Il y est encouragé par les autres enfants. Le choix des exercices dépend du handicap et de l’évolution de l’enfant. Ces tâches sont progressivement complexifiées.
Une aide minimale est accordée à l’enfant pour lui permettre de réussir la tâche. Ces aides sont appelées ‘ facilitations ‘. La difficulté pour la conductrice est ici de trouver les facilitations optimales, c’est-à-dire juste nécessaires, pour que l’enfant puisse réussir sa tâche en étant plus actif et participatif que possible. Il y a différents types de facilitations : physique, verbale, rythmique, apport de matériel, etc.

La conductrice limite au maximum les appareillages. Elle utilise un matériel simple et ordinaire. Tout l’environnement est pensé pour encourager l’enfant et lui permettre d’être le plus autonome possible.

‘ La place des parents est très importante, surtout lorsque l’enfant est petit. La crèche est conçue à Budapest sous forme de système ambulatoire où les mères travaillent en groupe avec leur enfant sous la direction d’une conductrice qui montre comment stimuler et favoriser le développement de leur enfant. Au CEC Bayeux, les enfants ne seront pas acceptés sans la présence d’un parent ou d’un accompagnateur mandaté par la famille.

L’Education Conductive, d’abord développée dans l’ancien bloc de l’Est, s’est ouverte vers le monde occidental après la chute du mur de Berlin. Elle est diffusée dans une cinquantaine de pays à travers le monde : USA, Canada, Mexique, Nouvelle Zélande, Australie, Maroc, Israël, Liban, Tunisie, Angleterre, Allemagne, Pays Scandinaves, Autriche, Belgique, Hollande, Espagne, etc.
Hong Kong a accueilli le 7ème congrès mondial ‘ On Conductive Education ‘ du 5 au 8 décembre 2010.